Championnat de France : Ravanel, « Je reste l’homme de la pluie »
La pluie qui tape au carreau comme un rencart qui débarque. Le rendez-vous d’une vie… Onze ans après Métabief, les Mondiaux en France devront se courir sous un temps de chien. Les cieux se sont déchaînés toute la nuit et le circuit n’est plus qu’un vaste champ de bataille. Pourtant, les fidèles sont là. Les shorts et t-shirts de la veille, ceux qui ont assisté au sacre de Fabien Barel ont laissé leur place aux bottes en plastique et aux parapluies. Le départ est donné. Ca braille dans tous les sens. Des bonhommes en vrac se battent contre les éléments. Première descente du circuit, Julien Absalon se paye une bonne glissade sur le derrière. Mais doucement, presque comme une évidence, les choses se mettent en place. Le Vosgien file vers son premier titre mondial. Derrière, Cédric Ravanel s’installe en deuxième
position. Personne ne reverra les deux fuyards. En conférence de presse, il lâche de concert avec Absalon : "C'est un honneur de se retrouver sur le podium avec Thomas Frischknecht qui est une idole du VTT." En face le Suisse esquisse un sourire gêné... Huit ans plus tard, Cédric Ravanel retrouve la station haut-savoyarde à l’occasion des Championnats de France (épreuves élites hommes samedi à 14h30) : « Ca évoque forcément plein de bonnes choses. C’est un terrain que je connais bien même si le circuit a bien changé. » En 2004, il était déjà expatrié dans le Var, mais un Ravanel reste à jamais Chamoniard : « C’est comme si je courais à la maison. Il ne faut pas une heure pour rejoindre les Gets depuis chez mes parents… » Samedi, les coureurs rouleront sur un circuit inédit mais qui reprend certaines portions de la boucles des Mondiaux : « On passe au bord du lac, il y a un petit brin de nostalgie, forcément.» Huit ans après, le pilote GT garde un souvenir ému du rendez-vous arc-en-ciel : «On était acclamé par le public, il y avait un frisson. J’étais transcendé. Je me souviens que lors du briefing, on nous avait dit ne pas tomber dans ce piège, qu’il ne fallait pas s’enflammer. Mais j’ai pédalé sans retenue.» Cette année là, Miguel Martinez lui avait été préféré pour la sélection olympique. De cette frustration, l’exploit est il né ? L’homme a deux versions «Je me suis dit qu’il valait mieux faire une médaille aux Gets plutôt que terminer 4e des Jeux. Et puis, je peux me dire que la forme, je l’aurais eu deux semaines avant à Athènes. Mais quoi qu’il en soit, je n’ai pas de regret… » Cette médaille, il mettra près d’une saison à s’en remettre. Suivront des médailles en relais, une place d’honneur en 2009 (6e), mais plus jamais de breloque : «C’est la course de ma vie. Le genre de courses où il faut que tout soit réuni pour que ça fonctionne. Sauf pour quelqu’un comme Julien, ça n’arrive parfois qu’une fois dans une carrière… » Cédric Ravanel gardera à jamais la réputation d’un homme de pluie : « Sur certaines Coupes du monde, quand il se mettait à pleuvoir avant le départ, les gars me disaient : « C’est pour toi aujourd’hui ». les choses sont restés comme ça. » D’ailleurs en 2007, il terminera deuxième de la Coupe du monde à Offenburg dans des conditions dantesques. Encore. A l’heure où nous écrivons ces lignes, il n’a pas pris de décision sur la suite de sa carrière. Ce Championnat pourrait donc être son dernier : « J’arrive avec de l’envie et de la motivation. Malgré une approche difficile, j’ai fait une bonne Coupe du monde à Windham (18e). J’ai envie de dire que le podium peut se faire… »Le 11-07-2012 à 22:42:21, vue 2194 fois
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