L’histoire de Julie au cross-country aurait pour sujet central un certain blocage. Un blocage physique ? Non. Mental ? Oui. Depuis son début en Coupe de France, Julie Berteaux a terminé sept fois seconde derrière Pauline Ferrand-Prévot (Scott Valloire) et deux fois vice-championne de France. Toujours derrière la Rémoise. De quoi se lasser. Mais en ce début de mois de mai, la Montbéliarde a réalisé ce qui était pour elle l’impossible : « J’ai toujours eu du mal à me dire que je pouvais battre Pauline. Elle est très forte. Même au moment du départ de Pernes-les-Fontaines, je m’imaginais faire à nouveau seconde. C’est Yvan (Clolus, son entraineur) qui m’a conseillé de faire pression. Et Sophie Rodot (Keops) m’a bien aidé ». Mais avant de crier Eurêka, Julie analyse : « J’ai regardé les récents résultats de Pauline sur route, c’est impressionnant. C’est vrai qu’elle a un peu perdu de technique mais je suis sûre qu’elle peut vite reprendre les bons réflexes du VTT. Après ça, elle risque de revenir encore plus forte. Moi j’essayerai d’y croire comme à Pernes ». Pour sa première année de Junior, Julie vise plus que tout la sélection aux Championnats du Monde à Canberra (Australie) début septembre : « On a dit qu’ils prendraient une fille voire deux. Je dois à tout pris marcher aux Championnats d’Europe et de France pour gagner ma place ». Ce week-end à la Coupe de France aux Orres elle profitera de l’absence de sa rivale de toujours sélectionnée au Championnat d’Europe sur Route. Pour renouveler sa merveilleuse expérience de monter sur la plus haute marche du podium. Et pour se rassurer sur son état de forme : « Moi je prépare les Europe et je sais que d’autres filles misent beaucoup sur cette course en l’absence de Pauline. Mais une nouvelle victoire serait bien ».Il y a deux ans de çà, Julie Bresset (Breiz Mountain) écrivait la même histoire. Longtemps seconde derrière Camille Devi (Définitive Gitane), il aura fallu à la Bretonne la suprême victoire au Championnat de France pour s’imposer comme une leader par la suite. Le prénom et les initiales sont déjà les mêmes. La suite peut-être. Et si c’était son tour ?
Par Bérengère BOES
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