Remémorer de beaux moments. Ou des mauvais. Découvrir une personne sous un autre visage. La voir rire, se concentrer. La voir souffrir ou la surprendre entrain de pleurer. Voilà le métier de Sébastien Boué, photographe depuis ses 20 piges. Passion survenue lorsqu’il entrait en seconde au lycée, il se rappelle encore de son premier coup d’essai : « Je me suis retrouvé dans un Meeting d’athlétisme à Hautepierre (Alsace) car j’avais eu des entrées par mon club local. Je me suis pris au jeu de photographier les athlètes avec mon petit Compaq et en rentrant je me suis dit que c’était ça que je voulais faire ! ». Après un BTS Photo en poche, un premier job dans une agence Parisienne lui donne l’opportunité de voyager et rencontrer différents personnages : footballers, tennismen, rugbymen et cyclistes : « Je me rappelle tout de même de ma première course de VTT sur laquelle je me suis rendu. C’était la descente de Peille en 1998. J’étais encore gamin. Nicolas Vouilloz avait gagné devant Fabien Barel ! Puis plusieurs années ont passé et lorsque j’en ai fait mon métier, j’ai été envoyé aux championnats du Monde aux Gets en 2004. C’est à ce moment que j’ai à nouveau goûté au photos de VTT ». Cette année-là, il rencontrait Julien Absalon. Aujourd’hui, Sébastien endosse le statut de photographe attitré du team Orbea : « Je suis tout le team avec Iñaki Lejarreta et Rubén Ruzafa ainsi que l’équipe Luna. Je suis présent avec eux sur les coupes du Monde ainsi que sur le championnat du Monde. Julien m’épate alors que des sportifs de haut niveau, j’en vois beaucoup. Il garde les pieds sur terre alors que d’autres ont pris le melon et pour moins. Mais les cyclistes sont de réels sportifs rien que dans la rudesse de l’entrainement et de l’effort à fournir dans la compétition. Ce sont vraiment des sportifs à respecter ». Aujourd’hui à son compte, ce Provençal d’adoption participe à la création du livre L’année du VTT 2010. Avoir des textes originaux et des clichés différents de la norme journalistique, voici ce qui l’intéresse : « La notion d’une « belle photo » dépend pour qui tu bosses et ce que t’as à faire. Parfois, il suffit d’avoir l’action clé. Moi ce que j’aime c’est lorsqu’on sent qu’il se passe quelque chose chez la personne. J’apporte beaucoup d’importance au regard. Je me souviens du regard de Julien durant ses courses. Il change complètement. C’est ce que je recherche. Dans le livre, nous allons essayer de retracer la saison dans son ambiance si propre au VTT ». Actuellement au pays des Caribous, Sébastien aura un seul objectif : capter l’émotion qui transcende les pilotes durant les Mondiaux de Mont Saint Anne. Un éclat de rire. Ou une timide larme. Quoi qu’il se passe, il cherchera à refléter l’instant présent. Tel un chasseur d’images. Par Bérengère BOËS/Photos www.sebastienboue.com
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