On reconnait parfois les champions dans la défaite. On reconnait cette grandeur d’âme au moment ou les choses vacillent. Et que malgré tout, il ne faut rien lâcher. Jusqu'à l’épuisement parfois. On reconnait les champions par cet orgueil qui les pousse bien plus haut que n’importe quel mortel. Julien Absalon est de cette race la. Et même si le titre mondial restera une année de plus en Suisse, ce qu’a réalisé aujourd’hui Julien Absalon dans le piège de Canberra relève encore de l’exceptionnel. Il rêvait du titre mondial. Et c’est bien normal après une saison à survoler la Coupe du monde. Et cette deuxième place n’a rien d’un déshonneur. Mais en aucun cas il ne faut oublier que le Vosgien à une nouvelle fois répondu présent sur un grand rendez – vous. Et qu’il est tombé aujourd’hui sur un très grand Nino Schurter. Après trois tours de circuit, Julien Absalon se retrouve en tête flanqué du champion du monde des espoirs l’an passé. «J’étais dans une position inconfortable. J’avais Schurter dans ma roue et derrière Florian Vogel. Apres le départ, je roulais devant sur le chemin roulant. Si je ne l’avais pas fait, ils seraient revenus derrière. A un moment je me suis même demandé si la meilleure des options n’était – elle pas de se relever et attendre José Hermida qui aurait pu être un allié face aux Suisses. Mais c’était aussi prendre le risque que l’on se retrouve comme deux couillons a l’arrivée.» Alors que l’on s’était focalisé sur la technicité du circuit, les Championnats du monde ont été tactiques : «Le circuit était très plaisant à rouler mais finalement, il n’y avait qu’un seul endroit ou faire la différence dans la première bosse au départ. Je savais de toute façon que je ne parviendrai pas à décrocher Nino en descente. A un moment j’ai compris que l’on allait finir au sprint.» A deux kilomètres de l’arrivée sur un chemin large après la zone technique, le Suisse pose une première banderille. Absalon parvient à revenir au train. Quelques centaines de mètres plus loin, les deux hommes sprintent pour entrer en tête dans le sentier. Schurter ne se laissera pas dépasser. Lors du dernier passage au ravitaillement, dernière chance pour le Français de virer en tête. Il n’y parviendra jamais. Absalon a perdu quelques longueurs et ne bouche pas l’écart. Nino Schurter débouche en tête dans la dernière ligne droite. A quelques mètres du bonheur. Pour sa première année chez les élites, le protégé de Thomas Frischknecht réussi à s’imposer dans la course la plus importante de l’année. Absalon est battu: «Je suis frustré par ce que j’ai l’impression de ne pas avoir pu m’exprimer. C’est la première fois que je ne termine pas un Championnat du monde détruit.» Derrière son leader, l’équipe de France réalise un bon mondial. Cédric Ravanel et Jean – Christophe Peraud prennent les 6e et 7e places alors que Stéphane Tempier est douzième pour son premier mondial en élites. Il faudra certainement quelques temps à Absalon pour digérer cette frustration. Mais sur la piste de Canberra l’homme a livré une duel de titans face a nouveau Schurter, sacré nouveau champion du monde a tout juste 23 ans. Et rien que pour ca, il mérite le respect: «C’est son premier titre mais certainement pas le dernier», lui rendait hommage Absalon. Et Yvon Vauchez, le patron du cross tricolore de conclure : «Il a réagit en champion. Et maintenant, il faudra vraiment se méfier du Absalon blessé. » Les Mondiaux furent en tout point passionnants. Et l’on a déjà envie de connaitre la suite !
Photos Sebastien BOUE
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