 Il devance Nino Schurter et Julien Absalon. Pour autant, le Vosgien se montrait satisfait de cette nouvelle breloque... Jaroslav Kulhavy aime la Suisse… En 2003, le Tchèque encore méconnu remportait les Championnats du monde juniors à Lugano (devant Schurter), dans la partie Tessinoise de la confédération. Huit années plus tard, le voilà champion du monde chez les élites… et toujours devant Schurter. Après Miguel Martinez en 2000, Roland Green la saison suivante, Julien Absalon en 2006 et 2007, le Tchèque est le quatrième homme homme à signer un doublé Coupe et Championnat du monde. A 26 ans, il est désormais l’unique patron du cross-country planétaire. Il l’avouait lui-même, Absalon a commis trop d’erreurs pour espérer s’imposer. Après une chute, il du notamment déployer de sacrés efforts pour recoller au groupe de tête. Malgré tout, deux années après l’argent amer de Canberra (il avait été battu au sprint), Absalon affichait un large sourire à l’arrivée. Même si était venu chercher l’arc-en-ciel, il se satisfaisait du bronze : « En début de course, on a senti que c’était tout le monde contre Kulhavy. S’il ne roulait pas, personne ne prenait l’initiative… Je suis tombé dans la descente avant l’arrivée. Une chute vraiment bête, j’ai pris un trou qui s’est creusé pendant la course des dames je pense… » Un temps quatrième derrière Hermida, le pilote Orbea profitera de la crevaison du champion en titre pour s’emparer de la dernière marche du podium : «Avant de revenir sur José, je le voyais. Avant qu’il crève, je me disais que c’était possible de revenir, il repart avec 25 secondes de retard sur moi et j’ai creusé l’écart par la suite… » Absalon avait annoncé que le vainqueur de Champéry arriverait à Londres l’an prochain avec un avantage psychologique. Et cette position, c’est Kulhavy qui en hérite : « Le classement d’aujourd’hui est le reflet de la hiérarchie 2011. Sur une course d’un jour, il ne faut pas baisser les bras pour la suite. C’est clair que c’était la bonne année pour gagner les Mondiaux vu que l’an prochain la course sera dans l’ombre des JO. Pour autant, j’arriverais à Londres dans une position d’outsider et ça me convient bien. Je laisse la pression à Kulhavy… » Aujourd’hui, sur la caisse, il était le seul trentenaire face à la génération montante. Et au-delà de cette sixième médaille mondiale (quatre titres de 2004 à 2007 et une médaille d’argent en 2009), Absalon reste un redoutable guerrier. Et l’histoire n’est pas encore terminée…
Photos Julien BARETY
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