« Dans le dernier tour, le staff France m’a dit que c’était gagné, qu’elle ne pourrait pas revenir ! J’ai compris que j’avais gagné et je me suis mise à pleurer sur le vélo. » C’est la conclusion d’une course sans fausse note pour la Champenoise de 17 ans qui a déjà remporté cette saison les titres européens en VTT et en contre la montre ! « Sur le départ roulant, l’Allemande Eberweiser m’a serré dans les barrières mais je ne me suis pas laissée faire. » Et avant le passage sur la zone technique dans le premier tour, l’affaire semble être entendue. Pauline Ferrand Prevot et la Suissesse Michelle Hediger se sont débarrassées des autres concurrentes. Mais la pilote helvétique est plus à l’aise que la Française techniquement. « Je suis tombée deux fois. J’ai eu du mal à revenir sur elle, je ne jouais pas un jeu. Après, je savais que j’étais plus puissante qu’elle sur les parties physiques. » Et dans le troisième et dernier tour : « Je crois qu’elle a réussit à se transcender. Elle a terminé deux fois deuxième lors des Mondiaux sur la route. Elle ne voulait pas d’une troisième place comme ça», explique Yvon Vauchez, le patron de la sélection tricolore. Dix secondes. Puis vingt. L’écart grimpe à trente secondes. Pauline est en route pour son histoire. Championne d’Europe en juillet, la demoiselle qui entrera dans quelques jours en terminale scientifique a écrit la plus belle page de sa courte histoire sur le circuit desséché de Canberra. La jolie petite blonde est championne du monde des juniors ! « C’était un rêve alors quand tu comprends que tu as gagné, tour se mélange dans ta tête. » Sur la ligne elle tombe dans les bras d’Yvan Clolus, le sélectionneur national des juniors. Jean – Louis Coche, le docteur des bleus, rémois comme la demoiselle a bien du mal à contenir son émotion. Gérard Brocks, son entraîneur peut également être fier de sa protégée. «Je ne réalise pas trop tout ce qui a pu m’arriver cette saison. » Sur la ligne, elle demande : « Je peux avoir un téléphone, je veux appeler mes parents ! » La maman à l’autre bout de la terre écoutera la marseillaise, en pleurs. Sur le podium, Pauline laissera échapper quelques larmes de bonheur. « Je suis en vacances maintenant! », rigolait-elle lors de la conférence de presse. Quelques jours avant de reprendre le chemin de l’école, Pauline Ferrand Prevot a marqué l’histoire de son sport. Et ce n’est que le début.
Photos Sébastien BOUE
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