Tu as prévu de reprendre la saison le 19 février à Chypre. Explique nous les raisons de cette reprise, un mois avant le début de la Coupe du monde ?
C’était prévu comme ça. J’ai couru en cyclo-cross cet hiver (13e de la manche nationale à Besançon) donc je savais que je serais prêt plus tôt. Pietermaritzburg (le 17 mars) est mon premier objectif de l’hiver, ça permettra de savoir où j’en suis. J’espère être dans le match dès le début du circuit international (l’an passé, malgré une chute au départ il avait pris la 12e place). Je sais que je suis à l’aise sur le circuit là-bas. Pour ça, j’ai besoin de courir avant. Après, il restera un mois avant la deuxième manche de la Coupe du monde à Houffalize (15 avril) et je risque certainement de couper trois quatre jours après.
Chypre pourrait aussi te servir à marquer des points UCI ?
Oui, c’est l’objectif mais ce n’est pas la priorité. Je vais surtout là-bas pour me mesurer à d’autres pilotes sur une course internationale. Les points, c’est du bonus. Si je vais aux Jeux, le placement sur la ligne s’effectue en fonction des points et je pense qu’il sera primordial d’être en première ligne, donc dans les huit premiers.
Après ta cinquième place en Coupe du monde, pas mal de monde risque de t’attendre. En as-tu conscience ?
J’espère continuer à progresser. Mais c’est certain qu’il y a plus de pression et que je suis attendu au tournant ! Je sors d’une super saison et que ce soit au niveau national ou international, on attend à ce que je sois à nouveau présent. J’ai été régulier l’an passé, je pense que je ne suis pas à fond au niveau de l’entraînement.
Et dire que tu loupes la quatrième place pour trois petits points…
Je crois que sur l’ensemble de la saison (7 manches), ça représente une ou deux places avec José (Hermida). Je n’ai pas de regret par rapport à ça. A Val di Sole, j’étais en travers et j’ai tout donné. Je termine lessivé à la 18e place. La seule déception est finalement à Champéry sur les Mondiaux… J’ai vu les erreurs à éviter ! Je pense que j’avais les jambes pour un top cinq. Mais j’ai chuté bêtement une première fois avant de recommencer plus sérieusement une deuxième fois. Je n’avais pas les jambes pour le podium, loin de là mais il y avait de la place pour une belle performance. Mais au delà des déceptions, je retiens que j’ai su être en forme le Jour « J », de ce côté là c’est un point positif. Après je dois progresser dans la gestion de la course. 
Pour la première fois de ta carrière, tu es directement concerné par l’objectif olympique. Si l’on s’en tenait à la hiérarchie 2011, les choses seraient claires. Mais ce n’est pas le cas. Comment abordes-tu cela ?
Les compteurs sont remis à zéro ! Je me suis mis ça dans la tête depuis la fin de la saison dernière. Je sais comment ça se passe. Et ce que j’ai fais en 2011, on n’en tiendra pas compte si je fais un début de saison moyen.
Où en es-tu au niveau de tes études (master en éco-conception à Besançon) ?
Il me reste encore un mois. Après, mes collègues seront en stage et moi à la maison. Ca me permettra de me concentrer à 100% sur le vélo. Depuis deux trois mois, c’est assez intense au niveau des cours et j’y laisse pas mal de jus. J’ai vraiment hâte que ça se termine.
Tu envisages ensuite de te consacrer au VTT?
J’ai envie de me lancer à fond dans le vélo pour voir jusqu’où je peux aller. Je ne sais pas de quoi je suis capable. Je n’ai pas envie d’arrêter le vélo avec des regrets.
Tu as pensé à une non qualification aux Jeux ?
Non ! Si je ne vais pas aux Jeux, ça sera une terrible déception mais l’on ne sait jamais ce qui se passe d’une saison sur l’autre. On reste les pieds sur terre, on continue de bosser. C’est mon objectif et je ne veux pas passer à côté de mon rêve. Je vais tout donner pour y être.
Si tu es sélectionné aux Jeux, quel sera ton programme au soir de la quatrième manche de la Coupe du monde à la Bresse (20 mai) ?
Il y aura un gros break après la Bresse, certainement une petite semaine sans vélo. Après, je pourrais attaquer à fond l’entraînement (il pourrait également faire l'impasse sur les Championnats d'Europe à Moscou du 7 au 10 juin, ndlr).
On imagine que la Bresse sera forcément une étape spéciale pour toi, ton Alsace natale n’est qu’à quelques kilomètres de la station ?
C’est presque l’Alsace ! Il aura beaucoup de monde pour me supporter, mon club, mes amis et ma famille. Je ne peux pas passer à côté, j’ai envie de bien faire ! Ca va être une belle course avec un public fou. Il y aura Nove Mesto une semaine avant donc j’aurais un pic de forme à ce moment là. J’espère aussi que j’aurais assuré de bons résultats à Pietermaritzburg et Houffalize pour me libérer d’un peu de pression.
Un mot sur l’équipe, tu es arrivé en 2008 dans une équipe d’envergure nationale. Au terme de l’exercice 2011, vous étiez à la 5e place mondiale…
J’attaque ma 5e année avec l’équipe. On a progressé d’année en année. Les nouvelles recrues (Truong – Geneste – Scheire) vont apporter pas mal de points en plus. Ce qui pourrait nous permettre de progresser encore et de grapiller une ou deux places dans le classement mondial. Après, il ne faut pas se faire d’illusions : nous ne sommes pas Specialized ! Derrière eux, les équipes sont assez groupées et ça laisse présager de bonnes choses.
Aujourd’hui on parle de plus en plus de tactique de course. Aimerais-tu voir venir un autre bon coureur élites chez BH ?
On parle de tactique mais l’on ne voit quand même pas souvent un équipier se sacrifier, hormis Vogel pour Schurter. Après, même entre les Specialized personne ne roule pour l’autre. Dans un groupe de tête, tout le monde veut jouer sa carte perso. Tu as trop d’individualités, personne ne veut se sacrifier. Après un coéquipier, ça dépend qui mais ça ne me dérangerait pas !
|