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samedi 25 octobre 2008

Un soleil en hiver…

C’était un truc sans fin. Ca commence par une gueule en biais sur le quai d’une gare. La nuit est passée. Le reveil n'a pas sonné. Pas moyen de trouver le sommeil. Des questions plein la tête, il faut pourtant grimper dans ce TGV. Même pas 6 heures du matin. Pile poil l’heure ou les clubbeurs rentrent à la maison. Mais là, il faut repartir. Ensuite il y a toutes ses heures d’attente et l’avion qui finit par décoller direction l’Arabie Saoudite. Pour terminer la saison, Universalbikeracing a pris la direction du pays le plus riche du monde (et aussi accessoirement la patrie de Ben Laden) pour l’Arabian Trophy. Après une saison la tête dans les étoiles, à couvrir les plus grandes courses en France mais aussi en Belgique, Allemagne, Italie, Espagne et bien entendu Chine lors des Jeux Olympiques, on refait une dernière fois les valises pour l’ultime aventure de la saison. Après, ce sera les grandes vacances ! Mais alors que nous survolions Jeddah qui scintillait dans la chaude nuit saoudienne, on ne se doutait pas encore que l’on n’était pas encore au bout. Une fois les bagages récupérés, en route pour deux bonnes heures de bus. On passera sur les visages sympathiques de flics locaux que l’on croisait régulièrement sur la route. On ne parlera pas non plus du brave homme de l’armée nationale qui attendait gentiment derrière un barrage, mitraillette en main. La première journée a surtout été consacrée au montage des vélos et à quelques tours de roues pour les plus courageux. On se fait gentiment aux coutumes locales, on prend nos marques. Demain première étape.

vendredi 5 septembre 2008

Äre, fin de terre…


Voilà neuf années. Presque une décennie que cette station suédoise n’a plus accueilli un événement majeur en VTT. En septembre 1999, Les Mondiaux débarquaient pour la seule et unique fois dans ce pays où le ski est roi. Une image avait alors marqué la course arc – en – ciel. Celle d’un Shaun Palmer en tête de la descente et à deux doigts du hold up du siècle et s’explosant comme un mal propre sur le bitume de l’aire d’arrivée. Et depuis ? Bah plus rien. Les Suédois ont disparu de la scène descente et Fredrik Kessiakoff en cross country est bien le seul à porter les couleurs jaune et bleu sur les épreuves de la planète VTT. Après trois jours de voyage à travers la moitié de l’Europe, aujourd’hui tout le monde s’est laissé un peu vivre. Petit tour rapide dans la station, à boire des cafés douteux et bien vite s’apercevoir que tout tourne au ralenti. Les premières reconnaissances débuteront bientôt et la plupart des pilotes arrivent à peine. Si Äre doit ressembler à une immense fourmilière l’hiver, la c’est carrément morne plaine. Très, très calme ! On se croirait un peu en plein cœur du plateau du Larzac ! Encore en Europe, on a juste l’impression d’être au bout du monde dans cette contrée où il doit y avoir plus de saumon que d’habitant. Coupé de tout, on ne s’en plaindra pas forcément. Par contre, il nous faudra bien plus de temps pour comprendre leur drôle de langage (merci les barres en travers des O, des points partout et des mots imprononçables). Une question existentielle est parvenue d’on ne sait ou : «Ben pourquoi ils sont tous blonds et tout blancs » a demandé une brebis égarée du Sud de la France. Quitte à faire tous les pubs de la région, on trouvera la réponse ! La vie n’est pas facile tous les jours.



mercredi 3 septembre 2008

« Bon comme le bon pain »

Une semaine. Ca fait exactement sept jours que je suis rentré de Pékin. Que s’est il passé depuis ? Bah, trois fois rien. Des broutilles. A peine 10 000 bornes d’avion, un retour à Lyon. Des heures de sommeil à rattraper. Un appart dévasté à ranger. Des méchantes lessives qui ne se font pas toute seule. On aurait pu en rester là et attendre bien peinard la fin de saison. Mais ça n’aurait pas été drôle. «Fred, un petit voyage en Suède début septembre, ça te branche ? » m’avait t-on demandé cet été sur la terrasse d’un bistrot ensoleillé. Et encore bien éclaté de ce foutu voyage en Chine, je repartais lundi matin en bagnole direction le pays des blondes. France, Allemagne, Norvège et enfin la Suède pour la première partie d’un voyage qui durera deux semaines. Et depuis que s’est-il passé ? Bah là aussi, trois fois rien ! J’ai la drôle d’impression d’avoir vécu une journée de 72 heures. Si c’est possible ! Depuis lundi matin, on a parcouru près de 3000 bornes dont un bon milliers en bateau (un bateau qui avait du servir à la croisière s’amuse…). Et là, mercredi soir, enfin arrivé à Äre, bled paumé du nord de la Suède ou se sont déroulés les Mondiaux de Ski alpin en 2007, nous voilà arrivés à notre premier point de chute ! On ne parlera même pas des choses un peu magiques (des lacs et de l’eau, des forêts à perte de vue) et un peu irréel aussi pour des Français (des magnifiques panneaux indiquant des traversées d’ours ou d’Elan) que l’on a pu contempler durant le voyage entre Oslo et Äre. Le bon Jack et ses phrases d’un autre monde a balancé dans l’après midi à propos des saveurs de ce pays scandinave (le Noooooord dira t-on !) : « C’est bon comme le bon pain ». A table alors !

mardi 26 août 2008

L’entre deux Jeux



Je suis encore en Chine mais les Jeux sont terminés. Le contraste est saisissant. Si les services olympiques sont toujours assurés, hier la salle de travail du Media press center était quasiment déserte. Service minimum alors que la veille tout tournait à bloc. On aurait pu organiser une partie de foot avec les quelques survivants. On boucle les affaires courantes. Des journalistes italiens me demandent de les prendre en photo dans la salle de presse. Les Jeux auront été pour moi une sacrée baffe. Si l’on s’en tenait à de simples comptes d’apothicaires, on pourrait parler de plusieurs heures de bus. Des kilomètres avalés à pied (merci les ampoules). Des litres de pluie sur la tronche le jeudi. Des milliers de lignes envoyées. Un forfait texto sacrément explosé et bizarrement, à 90% vers un seul et unique numéro. Mais les Jeux auront été pour moi une grosse baffe d’émotions. A trépigner sur le bord de la piste. A espérer. La journée de samedi, il aura fallu du temps pour s’en remettre. Epuisé après avoir eu la tête dans les étoiles toute la journée. Mais avec la douce envie d’être en 2012 à Londres. Pour revivre ça. Les médaillés sont rentrés hier par charter spécial. Dix heures de vol où les hôtesses ont du être légèrement débordées. Dix heures de vol ou Anne – Caroline Chausson, Laëtitia Le Corguillé, Jean Christophe Peraud et Julien Absalon on pu fêter leur gloire olympique. La Chine avec 50 breloques d’or (avec plus d’un millier d’athlètes engagés) a donc réussi ses Jeux. L’état se servira d’ailleurs grassement sur les contrats des athlètes. Ou comment mélanger communisme et capitalisme. A la Chinoise quoi ! J’aurais aimé connaître Pékin il y a cinq ans. Et peut – être y retourner dans dix ans. Juste pour voir ce que les Jeux auront apporté. Si les buildings sont partout, il ne faut pas fermer les yeux sur les bidonvilles que l’on retrouve aux pieds des grands hôtels. Encore une fois, que faut-il retenir ? Parler de Yashow, le temple de la friperie pékinoise qui s’est payé le luxe d’ouvrir le plus grand magasin de la marque aux trois bandes juste avant les Jeux ou retenir ces gens que l’on a boutté hors de la ville ? Une drôle d’impression avant de repartir. Un ressentiment peut – être. A se promener dans les rues pékinoises. A observer la population. Sa force. On se dit que ce peuple ne restera pas une éternité dans cette position soumise. Ce n’est peut – être qu’une utopie mais si les Jeux avaient contribué à cette révolution chinoise ?


jeudi 21 août 2008

Quelle face ?

Que faut-il retenir ? Que faut-il voir ? Ici à Pékin, les bénévoles sont de partout. On parle de 220 000 bénévoles répartis sur les sites. Les efforts pour accueillir la famille olympique sont pharaoniques. Les dirigeants Chinois voulaient les Jeux, ils sont en passe de les réussir. Mais ce matin en filant sur le site de Laoshan ou se dérouleront le BMX et le VTT, on n’a pu s’empêcher de tourner la tête. Bien loin du centre ville, bien loin de regards, des quartiers miteux, des baraquements pourris. Sur les murs, une inscription légèrement de mauvais goût : « One Dream», avec le Logo des Jeux Olympiques. Avant d’être transformé en site dédié au cyclisme, Laoshan était tout simplement un bidonville. Les habitants ont été repoussés un peu plus loin. Cache misère. Mais un petit tour dans la cité Interdite nous balance en pleine tête l’histoire millénaire de la Chine. Tous ses paradoxes. Ses énigmes. Sa complexité. Et réduire la Chine à son régime autoritaire serait faire affront à un peuple profondément humain. Sinon, ce matin, la NBC a prouvé qu’elle dirigeait bien les Jeux Olympiques modernes. Alors que le règlement stipulait qu’en cas de pluie, le vainqueur des qualifications en BMX serait déclaré champion olympique, la télé ricaine a fait le forcing pour que l’épreuve ait lieu : « trop d’argent investi » entend t-on. C’est également la même NBC qui a demandé le déplacement de l’épreuve dames du cross country olympique (initialement prévue à demain). Des dames boueuses n’étaient certainement pas très vendeur… Mais à écouter l’équipe de France de VTT parler des Jeux. A vivre au quotidien cette grand messe mondiale ou finalement, les frontières entre les peuples disparaissent trois semaines durant, on reste persuadé que les valeurs ancestrales ne sont pas mourantes. Et le lobbying d’une chaîne américaine ne changera rien.

mercredi 20 août 2008

«One world, one dream* »


Un œil. Puis l’autre. Oh et puis non. Pas envie. Pas tout de suite. De la lumière essaye de s’incruster sur les côtés du hublot. Et cette tentation bien trop forte: en bas la Chine s’étend et le zinc file sur Pékin. En approchant la ville olympique, on s’aperçoit vite qu’un halo à vous grisâtre à vous filer la sinistrose entoure la cité. Bienvenue en Chine. Une fois les deux pieds sur Tarmac, la même sale impression. Comme si le soleil essayait désespérément de percer ces foutus nuages de plomb. « Le ciel nous tombe sur la tête », ça pourrait être un nouvel album d’Astérix en Chine. On croirait toucher les cieux rien qu’en tendant les bras tellement le ciel parait raser les têtes. On m’avait un peu prévenu : « Tu va être comme un gosse dans un magasin de jouet. » Ben pas faux. File à la douane réservée à « la famille olympique », on retrouve des bénévoles dans tous les coins. Ca respire Jeux Olympiques dans tous les coins. Mais la baffe la plus forte, je l’ai prise à l’arrivée au media Center. Déjà en bus, on aperçoit des écrans géants sur les buildings qui passent en boucle les images des Jeux. On me dépose devant le centre Media. Un massif bâtiment de plusieurs étages, ouvert jour et nuit et qui grouille en permanence. Derrière, ça brasse en permanence entre le nid d’aigle (le stade olympique) et la bulle d’eau (complexe aquatique…). J’ai aussi découvert que la France avait un petit côté sexy. Petit échange en anglais avec une bénévole : « Vous venez d’où ? » Réponse : « De France, j’arrive de Paris. » « Oh, Paaaaaris, c’est si romantique !» No comment. 23 heures. Demain debout à 5h45. Direction Laoshan. Dernier entraînement cross country. Et phases finales du BMX.

  • Slogan des Jeux Olympiques

mardi 19 août 2008

"Couloir ou hublot ?"

4H50. Un maudit réveil qui me sort d’un sommeil trop léger. A peine dormi deux heures. Un café avalé vite fait. Un métro. Deux stations. Deux heures de TGV. Une journée dans la capitale. Pas mal d’aller retour à la machine à café. Un taxi. L’aéroport. Le sourire d’une hôtesse qui me demande avec un joli sourire commercial si j’ai bien fait moi-même ma valise. « Hublot ou couloir ? » » Vous n’avez qu’un bagage ?». Un premier portique de sécurité (combien durant cette semaine ?). Et ce panneau lumineux avec cinq lettres : «P.E.K.I.N ». Dernière étape avant de débarquer sur la terre olympique. Dans cinq jours, les Jeux pékinois seront terminés et l’on tournera la tête de l’autre côté de la manche, direction Londres 2012. Pour le landerneau vététiste, rien n’a vraiment commencé. Un landerneau qui n’en peut plus d’attendre. Dans quatre jours, ce sera la bataille de Chine. Et la France du VTT se plantera devant son poste de télé samedi matin à neuf heures. Espérant. Rêvant de le voir débarquer dans cette dernière ligne droite, le doigt tendu vers le ciel, comme un délicieux remake des Jeux d’Athènes, il à déjà quatre années. Oui, ce microcosme attend une chose : la victoire de Julien Absalon. En Grèce, il avait été le seul cycliste français à rafler un titre olympique. Et à cette heure et même si le BMX n’a pas débuté, aucune marseillaise n’a pour l’heure résonner pour le cyclisme tricolore. « Les passagers sont priés de se présenter au comptoir d’embarquement… ». C’est l’heure.

vendredi 15 août 2008

L’Everest en tong et en short…

Voilà. Dans moins de 24 heures je poserai mes fesses dans le zinc direction Beijing. Départ à 20h20 pour dix heures de vol. L’arrivée dans la mégalopole chinoise est prévue mercredi juste à l’heure de l’apéro, vers 12h30. Une semaine en République Populaire de Chine pour assister au plus grand évènement de la terre. Finalement, la saison VTT est presque finie mais il reste le meilleur. Le truc qui vous balance des frissons partout et limite à vous faire chialer comme un minot. Un moment d’éternité. La Marseillaise dans le ciel chinois, ça pourrait avoir de la gueule, non ? Comme une revanche des Mondiaux humiliants pour le clan français. On a beaucoup parlé du climat politique chinois depuis quelques mois. Certains bien pensants qui n’avaient pas ouvert la bouche en 2001 lors de l’attribution des JO à la Chine ont soudainement retrouvé une conscience. De passage à Paris, j’avais remarqué que le t-shirt floqué de menottes formant les anneaux olympiques était devenu d’un coup très tendance dans les quartiers Bobo. Enfin bon, partir aux Jeux Olympiques pour la première fois provoque de drôles de sentiments. Et l’immense impression de ne pas savoir où l’on met les pieds. Vous n’avez jamais entendu parler de ces touristes bravaches qui grimpent l’été sur les glaciers Chamoniards en tong et en short ? Ben je me sens un peu dans leur peau, à ces braves gens. Mais là, c’est carrément l’Everest. Imaginez deux secondes, 10 000 athlètes pour 20 000 journalistes. Et un gigantesque bazar maté par la planète entière. Les Jeux, le seul évènement où la population se passionne pour des sports dont elle ne connaissait pas l’existence avant la cérémonie protocolaire. Je ne sais toujours pas où je vais débarquer. Mais tant pis après tout. Même en tong et en short…